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Pour le mois d’octobe, voici la température que recommande l’Adème dans le salon pour consommer 40% de moins (pour seulement 2°C en moins)

Par Camille Pailleau · · 10 min de lecture

Révisé par Katie Descharles le

Pour le mois d’octobe, voici la température que recommande l’Adème dans le salon pour consommer 40% de moins (pour seulement 2°C en moins)
© Hôtel de Londres • Pour le mois d’octobe, voici la température que recommande l’Adème dans le salon pour consommer 40% de moins (pour seulement 2°C en moins)

En France, le chauffage pèse environ 66 % de la consommation énergétique d’un logement, ce qui rend chaque degré visible sur la facture dès les premières soirées fraîches.

Avec le retour des matinées humides et des soirées plus courtes, octobre remet le thermostat au centre des arbitrages domestiques : confort dans le salon, facture d’énergie, humidité, enfants, télétravail et logements mal isolés ne tirent pas tous dans le même sens.

La température à viser dans le salon est 19 degrés

La recommandation de l’Ademe pour une pièce de vie occupée, comme le salon ou la salle à manger, est de 19 °C. C’est la consigne de référence à retenir en octobre lorsque le chauffage redémarre, même si le froid n’est pas encore installé durablement.

Cette température n’est pas sortie de nulle part : elle correspond à un compromis entre confort thermique, santé du logement et consommation d’énergie. Dans les faits, beaucoup de foyers règlent encore leur salon à 20 ou 21 °C, parfois davantage lorsque le chauffage est collectif ou mal piloté. Le passage de 21 à 19 °C représente donc bien les fameux deux degrés en moins qui concentrent les discussions.

La règle pratique donnée par l’Ademe est simple : baisser le chauffage de 1 °C permet généralement de réduire la consommation de chauffage d’environ 7 %.

Sur cette base, descendre de 21 à 19 °C conduit plutôt à une économie de l’ordre de 14 % sur le chauffage, toutes choses égales par ailleurs. Le chiffre de 40 % peut apparaître dans des scénarios plus larges, lorsque la baisse de consigne s’accompagne d’une programmation, d’une réduction la nuit, d’une meilleure fermeture des volets, d’une chasse aux courants d’air et d’un usage plus sobre des pièces inoccupées. Pris seul, le thermostat ne fait pas tout.

Le chiffre des 40 % fait réagir car il mélange économie réelle et scénario idéal

La promesse d’une consommation réduite de 40 % pour seulement 2 °C de moins est séduisante, mais elle mérite d’être lue avec prudence. Deux degrés de moins dans le salon produisent un effet mesurable, surtout dans un logement chauffé longtemps. Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à diviser presque par deux la consommation dans tous les foyers.

Ce qui change tout, c’est le point de départ. Un appartement récent, bien isolé, chauffé au gaz avec thermostat programmable, ne réagit pas comme une maison ancienne en pierre, mal isolée, équipée de radiateurs électriques d’appoint. À 19 °C, le premier ménage gagne de la marge ; le second peut surtout constater les limites d’un bâti qui laisse filer la chaleur.

Les données publiques de l’Ademe et du ministère de la Transition écologique convergent sur un point : le chauffage reste le premier poste énergétique du logement. C’est précisément pour cela que les degrés sont scrutés. Un lave-linge lancé en heures creuses se voit peu sur la facture ; un salon tenu à 22 °C pendant tout l’automne laisse une trace autrement plus nette.

Octobre est le mois où la mauvaise habitude s’installe

Le piège d’octobre tient à son caractère intermédiaire. Le chauffage est rallumé “juste un peu”, puis le réglage reste le même jusqu’à l’hiver. Un thermostat positionné trop haut en début de saison devient une norme domestique avant même les premiers froids sérieux.

Le bon réflexe consiste à régler la température de consigne dès le redémarrage, plutôt que de corriger en décembre lorsque la consommation a déjà commencé à grimper. Dans un salon, 19 °C peuvent sembler frais au début si le foyer a pris l’habitude de vivre à 21 °C. L’écart se compense souvent par des gestes simples : chaussettes, plaid, fermeture des volets à la tombée du jour, tapis sur sol froid, purge des radiateurs à eau.

La différence se joue aussi dans la durée de chauffe. Un logement maintenu à 19 °C en continu ne consommera pas comme un logement à 19 °C en soirée, abaissé la nuit et pendant les absences. Le thermostat n’est efficace que s’il commande un rythme, pas seulement un chiffre.

Les autres pièces n’ont pas toutes besoin de la même chaleur

Appliquer 19 °C partout est rarement la meilleure méthode. L’Ademe distingue les pièces de vie, les chambres et les périodes d’absence. Cette différenciation est souvent plus efficace qu’une consigne uniforme qui chauffe inutilement des mètres carrés vides.

Situation Température conseillée Ce que cela change au quotidien
Salon occupé, repas, télétravail ponctuel 19 °C Consigne de référence pour concilier confort et sobriété
Chambre pendant la nuit 17 °C environ Moins de chauffage, sommeil souvent plus confortable
Absence courte dans la journée 16 °C environ Évite de chauffer à plein un logement vide
Absence prolongée Mode hors gel ou consigne très basse adaptée au logement Protection des installations sans maintenir le confort inutilement
Salle de bains utilisée Chauffage ponctuel plus élevé Confort ciblé, sans surchauffer toute la journée

Cette logique pièce par pièce est moins spectaculaire qu’un slogan sur les 40 %, mais elle colle mieux à la réalité des logements. Chauffer un salon occupé à 19 °C et une chambre à 17 °C peut produire plus d’effet qu’un thermostat général mal placé dans un couloir froid.

Le thermostat devient décisif quand il est programmable

Un thermostat manuel oblige à penser au chauffage plusieurs fois par jour. Un thermostat programmable le fait à heures fixes : baisse pendant l’absence, remontée avant le retour, réduction la nuit. C’est là que les économies deviennent plus crédibles.

Les robinets thermostatiques sur les radiateurs complètent ce pilotage en évitant de chauffer toutes les pièces au même niveau. Dans les logements équipés d’une chaudière individuelle, un réglage propre de la température de départ de l’eau peut aussi réduire les pertes. Le sujet est moins visible que le chiffre affiché sur le thermostat du salon, mais il pèse sur la consommation.

  • Programmer le salon à 19 °C uniquement sur les plages réellement occupées.
  • Baisser la consigne la nuit et lors des absences régulières.
  • Fermer les volets dès la tombée du jour pour limiter les pertes par les vitrages.
  • Dégager les radiateurs : canapé, rideaux épais et meubles bloquent la diffusion de chaleur.
  • Purger les radiateurs à eau en début de saison si des zones restent froides.
  • Éviter les chauffages d’appoint prolongés, souvent coûteux à l’usage.

Les logements mal isolés paient deux fois la même consigne

Dire à tous les ménages de régler le salon à 19 °C ne produit pas le même résultat partout. Dans un logement classé A, B ou C au diagnostic de performance énergétique, cette consigne peut être confortable et relativement stable. Dans une passoire thermique, elle peut donner une sensation de froid près des murs, des fenêtres ou du sol, même si le thermomètre affiche bien 19.

C’est l’un des angles morts du débat : la température de l’air ne mesure pas tout. Le confort dépend aussi de la température des parois, de l’humidité et des courants d’air. Un ménage peut respecter la consigne officielle et vivre avec une pièce désagréable, simplement parce que le bâti n’est pas au niveau.

Le DPE, les aides à la rénovation comme MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie ont précisément été conçus pour traiter ce problème de fond. Baisser le thermostat est rapide et gratuit ; isoler les combles, changer des fenêtres dégradées ou traiter les infiltrations d’air demande un budget, des devis et parfois des mois de démarches. Les ménages les plus exposés sont donc ceux à qui l’on demande souvent l’effort le plus immédiat.

La règle officielle autour de 19 degrés existe déjà

La consigne de 19 °C n’est pas seulement une recommandation de sobriété diffusée lors des hivers tendus. Elle renvoie aussi à un cadre réglementaire ancien autour de la température moyenne de chauffage dans les bâtiments. Le Code de l’énergie fixe des limites de chauffage dans plusieurs catégories de locaux, avec une référence de 19 °C en moyenne pour les locaux occupés.

Dans la vie domestique, personne ne vient vérifier le salon d’un particulier avec un thermomètre. Le vrai sujet est ailleurs : cette valeur est devenue la norme utilisée par les pouvoirs publics, l’Ademe, les gestionnaires d’énergie et les campagnes de sobriété pour donner un repère commun.

19 °C dans le salon n’est pas une température “froide” dans les référentiels publics ; c’est la température de référence pour une pièce de vie chauffée.

Les exceptions existent, mais elles doivent rester ciblées

Certains foyers ne peuvent pas appliquer 19 °C mécaniquement. Les nourrissons, les personnes âgées, certaines pathologies, une convalescence ou un handicap peuvent justifier une température plus élevée dans une pièce précise. La salle de bains peut aussi être chauffée davantage pendant une courte période, sans transformer toute la maison en zone à 22 °C.

Le risque inverse existe également : trop baisser le chauffage dans un logement humide peut favoriser condensation, moisissures et dégradation des murs. Une température basse doit aller avec une ventilation correcte. Aérer brièvement, même en période froide, reste nécessaire pour évacuer l’humidité produite par la cuisine, la douche, le linge qui sèche et la respiration des occupants.

La sobriété efficace n’est donc pas une course au chiffre le plus bas. Elle consiste à chauffer au bon endroit, au bon moment, avec une consigne adaptée. Pour le salon en octobre, le repère public reste clair : viser 19 °C, puis utiliser la programmation et les gestes annexes pour approcher les économies les plus fortes.

Les repères à vérifier avant de toucher encore au thermostat

Avant de descendre sous 19 °C dans le salon, mieux vaut contrôler les pertes faciles à corriger. Un joint de fenêtre abîmé, une trappe de cheminée ouverte, une porte de cave qui laisse passer l’air ou un radiateur masqué peuvent annuler une partie de l’effort demandé aux occupants.

  • Thermomètre indépendant : utile pour vérifier que le thermostat affiche une température cohérente avec la réalité de la pièce.
  • Humidité intérieure : une hygrométrie autour de 40 à 60 % limite l’inconfort et les problèmes de condensation.
  • Entretien de chaudière : obligatoire une fois par an pour les chaudières concernées, avec un effet possible sur rendement et sécurité.
  • DPE : repère public pour comprendre si la facture vient surtout des habitudes ou du niveau d’isolation.
  • MaPrimeRénov’ et CEE : dispositifs à examiner avant des travaux d’isolation, de chauffage ou de régulation.
  • Numéro France Rénov’ : point d’entrée public pour obtenir une orientation neutre sur les aides et les travaux.

Le réglage à 19 °C dans le salon est donc un bon point de départ pour octobre. La vraie ligne de partage se situe ensuite entre les logements capables de garder cette chaleur et ceux qui la perdent trop vite : dans les premiers, deux degrés en moins se voient sur la facture ; dans les seconds, ils rappellent surtout le prix d’une isolation repoussée.

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